Amiens SC mercato : Ély Julien, l’ailier qui n’a jamais rien lâché

Il a grandi dans les petits clubs de l’Oise, a forgé son caractère dans les divisions inférieures, et s’est construit patiemment, saison après saison au long d’un parcours tout sauf linéaire. À 24 ans, Ély Julien a signé son premier contrat professionnel à l’Amiens SC. Et l’ancien joueur de Camon, en U17, compte bien saisir sa chance. Portrait.

Une trajectoire singulière

Si devenir footballeur professionnel est un rêve pour beaucoup, il demeure très difficile avec des parcours semés d’embûches pour arriver à cet objectif. Celui d’Ély Julien en fait partie. Formé à Thury-sous-Clermont dès l’âge de 5 ans, passé par Mouy, l’Entente Angy-Mouy et Balagny jusqu’en U14, l’ailier picard a construit le sien loin des grands centres de formation, dans des clubs aux structures familiales où l’on apprend avant tout à aimer le jeu. « C’était le football plaisir, sans pression », confie-t-il à nos confrères du Bonhomme Picard.

Sa formation l’a également conduit à Camon, où il a évolué sous la houlette de Dominique Chevalier pendant six mois, en U17. Et l’actuel polémiste de l’émission la Tribune ICI Picardie avait été marqué par la maturité du natif Montmorency : « Il sortait clairement du lot par son intelligence de jeu. A 16 ans, il avait déjà une compréhension du jeu et des situations. Dans les discussions, dans le comportement sur le terrain, on ressentait également une grande maturité. Il devait encore grandir sur le plan morphologique. Sept ans plus tard, il a eu le temps de s’épaissir un peu. »

Au terme d’un parcours qui est très loin du conte de fées. Après des années de galères et de blessures, de faux espoirs et de rebonds de Chambly à Saint-Quentin en passant par Senlis, Feignies-Aulnoye et Cambrai, l’ailier finit par éclore à Dinan-Léhon, en National 2, où il termine la saison avec 5 buts et 2 passes décisives en 22 matchs. Un exercice satisfaisant pour convaincre l’Amiens SC de lui offrir sa première chance dans le milieu professionnel dans la toute nouvelle Ligue 3 (ex-National).

Un recrutement à l’image d’une nouvelle philosophie

Le cas Ély Julien n’est pas isolé. Il incarne, au contraire, la ligne directrice assumée par l’Amiens SC pour construire son effectif 2026-2027. Dans un contexte économique particulièrement compliqué, la direction du club a choisi de miser sur des joueurs issus des divisions inférieures à la Ligue 3 avec de nombreux profils en provenance de N2 ou N3.

« Je ne suis pas surpris qu’il finisse par avoir sa chance dans le monde professionnel, même si ça a mis un peu de temps, constate Chevalier. A l’époque à Camon, c’était un championnat national, avec Lens, Lille, le PSG ou encore Valenciennes. Si je me remémore cette époque, il avait tout de même un profil technique au-dessus de la moyenne, avec des qualités devant le but sans pour autant être individualiste. Il mettait ses qualités individuelles au service du collectif. »

Retrouvez l’intégralité des mouvements de l’Amiens SC dans notre tableau récapitulatif

Un portrait-robot qui colle parfaitement aux attentes d’Alain Pochat et qui correspond à la ligne conductrice du mercato orchestré par Lucas Clément, le nouveau responsable sportif de l’Amiens SC. Comme beaucoup d’autres, Ély Julien arrive également avec l’envie de prouver et l’humilité de ceux qui ont dû se battre pour franchir les paliers. « Je ne me suis jamais dit que c’était terminé. Il y avait toujours un nouveau truc, mais je n’ai jamais lâché », résume l’intéressé.

Un retour aux sources

Pour Ély Julien, rejoindre l’Amiens SC est aussi un moyen de renouer avec ses racines. Bien que né en région parisienne, le nouvel attaquant de l’Amiens SC est un enfant de l’ancienne Picardie. « Amiens, c’est le club phare de ma région, cela me rapproche de ma famille », confie-t-il. De quoi lui donner une motivation supplémentaire, toute personnelle, en plus de l’ambition sportive imputable à sa découverte du monde professionnel.

Au niveau de l’état d’esprit et de l’approche, il me fait penser à Oscar Ewolo.

Dominique Chevalier au sujet d’Ély Julien.

« Il vient d’une famille qui lui a donné une très bonne éducation, c’est quelqu’un de très respectueux, précise Dominique Chevalier. Il a toujours été très poli, il n’a jamais eu de comportement excessif ou négatif, qu’importe les consignes données ou les choix du coach. C’était aussi quelqu’un de très solaire, qui apportait sa bonne humeur au sein du groupe. Au niveau de l’état d’esprit et de l’approche, il me fait penser à Oscar Ewolo. Ce sont des garçons déterminés qui prennent du plaisir à être sur un terrain. »

Son conseiller depuis six ans, Khalid El Machichti, abonde en ce sens, toujours dans les colonnes du Bonhomme Picard : « C’est quelqu’un qui se remet constamment en question, toujours à l’écoute. Il met en application les remarques qu’on lui fait. Sa plus grande force, c’est sa capacité d’adaptation. »

Reste à savoir si Ély Julien pourra transposer toutes ses qualités à un niveau de compétition supérieur. « Il sera dans un championnat difficile, mais j’ai hâte de voir ce qu’il peut donner, se projette Dominique Chevalier. S’il a du temps de jeu, je suis persuadé qu’il pourra montrer ses qualités. » Rendez-vous est pris.

Axel Virapin-Wattelier avec Romain Pechon

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