À la veille du déplacement sur la pelouse du VAFC pour la 10e journée de Ligue 3, l’entraîneur de l’Amiens SC Alain Pochat s’est confié en conférence de presse. Gestion du groupe, turn-over, dynamique positive et approche du changement de coach adverse : découvrez l’ensemble de ses déclarations.
Gestion du groupe et de la dynamique actuelle
Vous aviez ménagé pas mal de joueurs la semaine dernière pour le match à Abbeville. Vous ressentiez cette nécessité, cela leur a fait du bien ?
Oui, certains n’avaient pas trop coupé depuis notre reprise le 25 juin. Nous avons fait une grosse préparation avec beaucoup de matchs amicaux. C’était l’occasion pour certains joueurs qui manquaient de temps de jeu de montrer qu’ils sont bien présents et qu’ils ont de la qualité. Je le sais, mais nous ne pouvons aligner que 11 joueurs et en inscrire 18 sur la feuille de match.
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C’était l’occasion d’en voir certains, comme (Yanis) Rafii ou Amine Chabane, sur lesquels vous me posez souvent des questions. C’était l’occasion pour eux de montrer qu’ils font partie intégrante du groupe et qu’ils peuvent postuler pour la suite en fonction des besoins et de la forme du moment. Ce seront aussi des choix sportifs pour l’avenir. Je préfère avoir un effectif étoffé où l’on se gratte un peu la tête par moments, mais au moins nous savons que nous pouvons compter sur un groupe conséquent et de qualité.
Votre groupe est touché par les blessures, des joueurs sont rentrés tardivement de sélection. Comment faire pour maintenir de l’intensité aux entraînements tout en gardant en tête la performance du week-end ?
Nous faisons très attention à cela. Par exemple, concernant le retour des internationaux, nous les avons trouvés vraiment très entamés physiquement, que ce soit par rapport au temps de jeu — certains ont joué quatre matchs, d’autres un seul — ou à tout ce que cela génère autour : les voyages, les trajets en avion pour ceux qui étaient en Afrique du Sud ou en Égypte… C’est long, il y a des attentes, ainsi que les aspects de sommeil et d’alimentation qui diffèrent de ce qu’ils vivent ici au quotidien.
Nous avons vu des joueurs entamés physiquement, donc nous gérons cela avec précaution pour qu’ils retrouvent de la fraîcheur et éviter les blessures. Pour le reste du groupe, l’intensité reste très bonne aux entraînements. Nous devons garder une certaine intensité durant la semaine, sinon cela ne passe pas le week-end. Si vous ramollissez trop la semaine pour demander d’un seul coup de l’intensité le jour du match, le décalage est trop grand. C’est un dosage dans la durée et l’articulation de la séance, mais jusqu’à présent nous n’avons pas modifié nos contenus : quand il y a des séances fortes, elles sont fortes.
Comment faire pour entretenir la dynamique positive actuelle sans se laisser griser ? Cela suscite-t-il d’adapter votre management ?
Je préfère largement cette situation, car j’ai connu l’autre version il n’y a pas si longtemps que cela, et ce n’est pas simple non plus quand on se trouve de l’autre côté. Il faut s’appuyer sur ce que nous avons bien fait jusqu’à présent, tout en corrigeant certaines petites choses, car il y a toujours des éléments à améliorer quoi qu’il arrive. Il faut bien observer ce qui se passe lors des séances d’entraînement pour aligner l’équipe qui nous semble la plus compétitive possible pour démarrer le match.
Ensuite, il y a aussi les joueurs qui finissent la rencontre. Le mot d’ordre, déjà contre Villefranche et Abbeville, c’est de faire preuve de beaucoup d’humilité. Nous l’avons bien vu, il faut prendre tout le monde au sérieux, ce n’est pas une histoire de classement ou de niveau. Sur un match de 90 minutes, il peut se passer plein de choses. Il faut vraiment rester concentrés sur ce que le groupe démontre depuis le début, même si au tout début du championnat il y a eu de petits couacs, ce qui fait partie du jeu.
Quand on se remémore le film des matchs, notamment contre La Roche-sur-Yon — quand je vois où ils sont aujourd’hui —, nous constatons que les joueurs grandissent et se connaissent de mieux en mieux. Il y a forcément un aspect de confiance qui entre en ligne de compte, mais nous savons que c’est toujours fragile, dans un sens comme dans l’autre.
Sur le plan personnel, on imagine que la période actuelle est plus agréable…
C’est sûr que l’on préfère vivre ces moments-là, comme tout le monde au sein du club, les supporters, et même les journalistes qui préfèrent parler de l’équipe de façon positive plutôt que négative, je l’espère. Maintenant, même si un entraîneur se remet tout le temps en question — même quand il gagne —, on passe très vite d’une victoire au match suivant. Nous n’avons pas vraiment le temps de savourer, nous sommes tout de suite dans la projection de la préparation de la semaine suivante.
Dès le week-end, nous analysons déjà les images du match d’après, c’est toujours très court et il n’y a pas de moment d’euphorie. Même quand on cherche des solutions pour retrouver le chemin de la victoire ou de la confiance, rien ne doit transpirer d’un éventuel doute vis-à-vis du groupe. Au contraire, nous devons savoir fixer le cap et montrer aux joueurs que nous savons où nous allons pour gagner les matchs.
Le match face au VAFC:
Valenciennes vient de se séparer de son entraîneur. À quoi vous attendez-vous ?
J’ai l’impression que cela tombe toujours sur nous, c’est la deuxième fois de suite (après Villefranche, ndlr) ! Encore une fois, il faut avant tout que nous nous occupions de nous-mêmes. Nous essayons bien sûr d’imaginer ce que peut proposer l’entraîneur qui sera sur le banc samedi, mais nous ne faisons pas de plans sur la comète pour ne pas nous éparpiller, car il peut y avoir de nombreuses options tactiques ou de joueurs. Les joueurs sont prêts à cela. L’idée, c’est d’être une équipe « caméléon », capable de s’adapter rapidement à ce que nous avons préparé s’il y a un changement imprévu ou une inconnue.
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Les joueurs et le staff doivent être en capacité de réagir vite et de proposer des choses cohérentes. Nous avons réfléchi à ce qui pouvait être mis en place, tout en travaillant sur nos propres forces. Pour bien attaquer, il faut savoir comment l’équipe adverse défend — c’est l’entraîneur de Toulouse qui disait cela. Nous travaillons là-dessus pour mettre les bons ingrédients, offensivement et défensivement, afin de réaliser un bon match et ramener des points de Valenciennes.
Êtes-vous surpris de voir Valenciennes se retrouver à la 15e place après 9 journées pour sa troisième année dans ce championnat ?
C’est un club comme le nôtre, avec une histoire forte dans le football professionnel, que ce soit en Ligue 1 ou en Ligue 2. Je les ai connus à l’époque où le regretté Daniel Leclercq était l’entraîneur et avait pris l’équipe en National avant de monter en Ligue 2 — l’année où j’étais avec Bayonne —, puis d’enchaîner avec Steve Savidan jusqu’en Ligue 1.
C’est un club qui se doit d’être dans le monde professionnel, mais nous voyons bien que c’est difficile pour tout le monde. Chaque club a son histoire, et il y a eu beaucoup de mouvements au niveau des propriétaires, des entraîneurs et des effectifs. Quand on manque de stabilité à un moment donné, c’est difficile de mettre des choses en place. Mais chacun voit midi à sa porte, et je m’occupe d’abord de mon équipe avant de regarder la gestion de Valenciennes.
Est-ce qu’un très bon résultat à Valenciennes permettrait d’affirmer encore un peu plus votre parcours qui ne passe pas inaperçu depuis deux mois ?
Forcément, surtout avec Caen qui a battu La Roche-sur-Yon hier, cela resserre le haut du classement. Il y a des confrontations directes lors de cette journée qui peuvent faire bouger les choses. Quoi qu’il arrive, je préfère prendre trois points que zéro, c’est clair et net pour le classement, la confiance et la suite. Nous y allons pour faire un gros match.
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C’est un super environnement avec un beau stade, et j’espère qu’il y aura du monde. Ce sont deux clubs professionnels qui étaient encore un cran au-dessus il n’y a pas si longtemps. Si nous avons le bonheur de ramener trois points, cela nous placerait dans une situation très intéressante. Mais nous n’allons pas nous emballer, ce n’est que la 10e journée !
Propos recueillis par Romain PECHON
Crédits photo : Baptiste Fernandez/Icon Sport
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