À l’aube d’un nouvel exercice en Ligue 3, l’Amiens SC a fait peau neuve sous la houlette d’Alain Pochat. Choix des capitaines, identité de jeu basée sur un pressing haut, gestion d’un groupe renouvelé et rapport aux nouvelles technologies : le nouvel entraîneur amiénois livre sa vision détaillée et sans langue de bois.
Un effectif construit autour d’un projet de jeu
Pour bâtir son équipe, le technicien picard a insisté sur la mentalité des recrues et leur capacité à s’adapter à ses idées de jeu, avec notamment la capacité à jouer à plusieurs postes et dans plusieurs animations.
« L’idée, c’était de pouvoir construire une équipe comme on a envie de la voir jouer, par rapport à mes convictions de jeu. Je veux être proactif, avoir un vrai projet de jeu avec une identité et que les joueurs s’imprègnent de ces systèmes. Donc, on a ciblé les joueurs par rapport à deux systèmes. Pouvoir jouer à trois, pouvoir jouer à quatre, pouvoir imposer ses forces à l’adversaire, en fonction de la connexion qu’ils pouvaient avoir entre eux, parce que je pense qu’il y a des joueurs qui peuvent respirer le même football et avoir vraiment des profils qui correspondent à ces animations-là. »
Un pressing haut pour étouffer l’adversaire
Sur le terrain, l’identité impulsée par Alain Pochat repose sur un bloc agressif capable de récupérer le ballon au plus près du but adverse. Une philosophie proactive qui a porté ses fruits en fin de préparation.
« Nous devons être capables de récupérer le ballon haut sur le terrain. C’est clairement dans l’identité de jeu que je souhaite insuffler. Même si cela demande des efforts de 10 à 15 mètres au départ, le fait de gratter le ballon haut nous place immédiatement à proximité du but adverse. Nous nous sommes procuré pas mal d’occasions grâce à cela. C’est aussi une animation qui soulage nos défenseurs : ils ont moins de travail et principalement du jeu long adverse à gérer. C’est une philosophie qui me plaît : être proactif et ne pas laisser l’adversaire s’installer dans son confort. D’autant que c’est payant : contre Paris 13 par exemple, c’est Gatien (Foll) qui avait récupéré un ballon sur un pressing. Quand le travail est productif et débouche sur un but, c’est toujours très important. »
Le recours à la data et à l’intelligence artificielle
Interrogé sur l’intégration des nouvelles technologies et de l’intelligence artificielle au sein du staff, le coach amiénois aborde le sujet avec pragmatisme et humilité.
« Pas pour le terrain, honnêtement ! Je suis un peu dépassé par tout ça, mes enfants essaient de me mettre au parfum mais j’ai du retard. Je m’en sers parfois pour créer des visuels ou des affiches, mais pas encore pour le domaine technico-tactique. Après, j’ai pris un staff jeune aussi pour m’éclairer là-dessus. S’ils sont à la page et me démontrent que cet outil peut apporter une réelle valeur ajoutée sur le terrain, pourquoi pas, je ne suis pas réfractaire ! C’est juste qu’à l’heure actuelle, je ne sais pas exactement comment l’exploiter pour faire progresser l’équipe. Il y a déjà énormément de statistiques et de data autour du foot aujourd’hui. Mais si vous avez des idées qui permettent de gagner des matchs, je suis preneur ! »
Trois hommes forts pour le brassard de capitaine
Pour encadrer un collectif largement remanié, le staff amiénois a fait le choix de s’appuyer sur un leadership partagé. Alain Pochat a déjà identifié un trio de joueurs d’expérience pour porter le brassard et véhiculer l’esprit du club.
« Par ailleurs, nous avons déjà dégagé notre groupe de capitaines. Hier, nous avons participé à une réunion avec la FFF au sujet des nouvelles règles du challenge d’arbitrage, et mes trois capitaines potentiels étaient présents : Anthony Ribelin, Thomas Monconduit et Rémy Boissier. Ce sont des garçons qui incarnent parfaitement les valeurs du club. »
Propos recueillis par Romain PECHON et Benjamin HERMEL
Crédits photo : Anthony Bibard/FEP/Icon Sport
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